Pilules Contraceptive

Pilule contraceptive: que penser de la polémique actuelle ?

Je prends la pilule depuis mon adolescence et remets en question son intérêt depuis que j’ai arrêté pour choufleur. Les différents articles et reportages diffusés ses dernières semaines ont justement été l’occasion de remettre de faire le point une bonne fois pour toute. La pilule contraceptive est-elle si dangereuse pour la santé ? Partage d’opinions et des informations recueillies.

1) La pilule ne se prescrit pas à la légère

Quand j’ai commencé à la prendre à 15 ans, j’ai eu droit à plusieurs examens dont une prise de sang. J’avais aussi été suivi les mois suivants par rapport aux effets secondaires. Plusieurs fois, la pharmacie me vendait la pilule sans forcément d’ordonnance (avec présentation de la boîte précédente) pour m’éviter de repasser par la case gynéco. Aussi, le généraliste m’a souvent prescrit la pilule que je souhaitais sur demande, si bien que je n’ai jamais refait d’examen, même lorsque j’ai changé de pilule. C’est très gentil de leur part de m’avoir « arrangé » à l’époque, mais avec le recul, si on déconseille l’automédication, alors pourquoi le ferait-on avec la pilule ?

2) La pilule est tendance

Je reviens à mes 14/15 ans, dans la cours du lycée, toutes les filles « in » prenaient la pilule. Je vais être direct mais prendre la pilule était clairement associé à une certaine « féminité » et « maturité ». Pour certaines, la pilule leur avait été prescrite en traitement contre l’acné, pour avoir des règles régulières, ou peu abondante. Mais d’où prescrit-on un médicament pour ces effets secondaires que pour ce pourquoi il a été créé ?

3) La pilule est contraceptive

Encore une fois, à cette époque, la plupart de mes copines n’avaient pas ou peu de relations sexuelles. Je me rappelle de la gyneco me conseillant de prendre la pilule pour éviter une grossesse non désirée, mais insistant – et c’est normal – sur l’intérêt du préservatif contre les maladies. Personnellement, et avec le recul sur mon cas, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Les maladies sexuelles m’inquiétaient peu. J’avais à tort l’impression, comme beaucoup de monde d’ailleurs, que cela n’arrivait qu’aux autres. En revanche, j’avais une angoisse de la grossesse qui était beaucoup plus probable. Au final, je me demande si la prise de pilule chez les jeunes filles n’engendre pas une attitude plus laxiste envers le préservatif. Aussi la pilule doit être prise dans des conditions strictes comme ne pas fumer ou une prise à heure fixe. Reste à savoir si les adolescente sont assez sensibilisées et capables de faire face à ces contraintes.

4) La pilule reste un médicament, avec des effets secondaires et des risques

Je vais maintenant résumer mes échanges avec deux gynécologues, un en France et un à Barcelone. Les pilules 2ème génération ont beaucoup d’effet secondaires : prise de poids, acnés, poitrine gonflée… Les pilules 3ème et 4ème génération quant à elle ont pas ou peu d’effets secondaires. Elles peuvent même être bénéfiques pour la peau ou autre (type Diane 35). Quand je leur ai demandé ce qu’ils pensaient des polémiques, ils ont eu des réactions à peu près similaires : la pilule existe depuis très longtemps et est prise par un grand nombre de femmes. Si il y avait réellement d’importants risques, elle aurait été interdite. Ils ont par ailleurs validé les statistiques de cet article Doctissimo au sujet des risques de thrombose veineuse et donc risques vasculaires :

– Aucune prise de pilule : 0,5 à 1 cas sur 10 000
– Pilule 2ème génération : 2 cas sur 10 000
– Pilule 3ème génération : 4 cas sur 10 000
– Femme enceinte : 6 cas sur 10 000

Le risque est clairement multiplié par 2 entre les 2ème et 3ème génération mais reste faible dans l’absolu. Surtout, avant de vous prescrire une pilule 3ème génération, votre médecin doit valider que vous n’avez pas d’antécédents de phlébites, d’embolie pulmonaire ou d’accident vasculaire.

Je n’ai pas pu m’empêcher de parler du lobbying qui doit exister sur ces médicaments. Le médecin de Barcelone m’a répondu directement que beaucoup de pilules étaient prescrites sous leur forme générique aujourd’hui, ce qui signifie très peu de marge pour les laboratoires. Pour lui, il n’y a donc pas de lobbying. Je reste personnellement sceptique sur ce retour, compte tenu du volume de chiffre d’affaire que doit représenter le marché de la pilule en France, ça me parait juste « normal » de limiter la marge.

Pour conclure, je dirais que la pilule est très pratique pour les femmes mais reste un médicament constitué d’hormones de synthèses, comportant des risques et effets secondaires, comme tout médicament. La pilule s’est démocratisée, avec son lot d’avantages (et il y en a beaucoup!) et d’inconvénients pour les femmes. Sur ce dernier point, on peut penser à un certain laxisme au niveau de la prescription médicale, ou à la société qui associe parfois « liberté » et « indépendance des femmes » à la « contraception ».
Personnellement, je n’aime pas prendre de médicaments et cela fait déjà un moment que je me renseigne sur des moyens de contraception naturels, bien que beaucoup moins fiables.

Et vous ? Prenez-vous la pilule ? Qu’en pensez-vous ?

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