Ma recette sourire

  Certaines personnes sont des malheureux chroniques, jamais satisfaits, toujours tristes et à se plaindre. Je vis ça de plein fouet en ce moment.

Le bonheur est subjectif. Pour moi, est heureux celui qui veut l’être. Celui qui se contente de ce qu’il a, qu’il soit riche, ou pauvre, qu’il soit seul, ou accompagné, qu’il soit jeune ou vieux.

Je lisais hier l’article de Et Dieu Créa, alors que j’avais déjà décidé d’aborder ce sujet sur le bonheur. Je la rejoins sur le fait que plus les années passent, plus je me contente de peu pour être heureuse. Passer du temps avec mes enfants et mon mari, être chez moi, cuisiner de bons petits plats, faire des escapades en famille qu’elles soient au marché ou à l’autre bout de l’Afrique. J’adore ma vie telle qu’elle est aujourd’hui. Je ne regrette pas d’avoir choisie de m’expatrier plutôt que vivre les séparations. Si un jour cela ne me plaît plus, nous aurons toujours le choix de changer. J’ai vraiment la sensation que notre vie ne s’impose pas, nous la fabriquons. Les opportunités arrivent parce que nous les provoquons.

En revanche, je sais aussi que beaucoup de personnes ici se plaignent. Certains ne supportent pas la vie en Afrique, le changement de culture, le travail non stop, le manque de facilité comparé à l’Europe, la mentalité des gens, que tout soit si lent… Je ne réfute pas tous ces points, je suis même souvent d’accord. C’est vrai que tout est compliqué ici, avoir des papiers, être « étranger », se faire arrêter 3 fois par jour par la police, travailler dans des conditions difficiles (mais enrichissantes), se battre pour tout, avoir accès à une faible variété de produits, devoir se creuser la tête pour ne pas manger du riz / banane / aubergine / poisson chaque jour, ne pas pouvoir marcher dans les rues (pas de trottoir), vivre sur une petite île avec peu de choses. Bref plein de choses qui peuvent paraître compliquées pour ceux qui veulent les voir ainsi.

De mon côté, je vois surtout l’aide précieuse que j’ai à la maison, toutes ces rencontres, toutes ces conversations que j’ai eu avec des personnes que je n’aurais jamais oser cotoyer si j’avais été dans mon cercle français, les week-end à la plage, Miss Choufleur souriante devant son déjeuner avec le poisson tout frais péché durant notre sortie bateau. Les copains de 3 ans qui peuvent venir jouer à la maison l’après-midi car la nounou peut m’aider à surveiller. Je vois la chance que mes filles ont d’être toujours en robe, de sauter de joie quand il y a une tempête, de passer les week-end pieds nus, de courir dans notre grande maison, d’être avec leurs parents tous les midis et tous les soirs. Je vois tout ça et je me dis qu’il faut se gaver de toutes ces bonnes choses. Laisser les mauvaises de côté, ne pas faire attention. Car un jour nous partirons, nous vivrons surement d’autres difficultés mais surtout d’autres petits bonheurs.

Je suis heureuse. Mais cela ne m’empêche pas d’être une éternelle insatisfaite. J’ai toujours besoin de plus, d’aller plus loin, d’apprendre, de voyager, de changer d’air. Je cours toujours après la perfection dans mon rôle de maman. Je suis consciente de mes faiblesses et je cherche sans cesse à m’améliorer, trouver des astuces pour ne pas crier, pour éduquer mes filles dans le calme et la bonne humeur.

En fait, je considère que les premiers éléments autours de moi suffisent à me rendre heureuse. C’est un choix, pas une conséquence. Mais un deuxième cercle autour me fait vibrer : un troisième enfant, un travail plus challengeant, revenir dans le web, voyager, changer de pays, déménager. Finalement, ce deuxième cercle participe aussi à mon bonheur. Savoir qu’il existe, que je peux l’atteindre. Mais savoir aussi qu’il est tout autant dérisoire. Que je peux vivre sans lui. Que ce que j’ai me suffit.

Voilà ma recette du bonheur. Décider moi même de mon bonheur. Et profiter chaque jour.

 

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